Invité d'honneur Uwe Ommer. Exposition de 50 images de Do it Yourself du 3 au 12 mai 2008.
http://www.fepn-arles.com
http://www.taschen.com/pages/en/catalogue/sex/all/01374/facts.uwe_ommer_do_it_yourself.htm
installation de Luna di Rossi
A Brief Incarnation as a Ghost-Photographer
I had already been thinking that, what with the omnipresence of digital cameras and camera-phones and the like, anyone could become a `real’ photographer these days.
But it was the young Luna who set things off. Actress by aspiration but a baby-sitter out of necessity, she is deeply enamoured of photography in general and herself in particular. We got back about midnight to find the baby fast asleep and our charming baby-sitter in heavy dialogue with the bathroom mirror. Armed with my Polaroid, wearing nothing but my wife’s high-heels, she was joyfully snapping herself. Quite unabashed, she explained that she had been inspired by the photography books on the shelves and that our bathroom was the perfect setting for her to strut her stuff.
The idea of inviting some of my models to photograph themselves just however they saw fit immediately appealed to me. Free of the critical and voyeuristic eye of the photographer, they would, I felt sure, take all the photos that I’d never dared to. The candidate-cameras were thrilled at the idea. I handed out a few digital cameras and—strictly for the intrepid—those old-fashioned ones with films in, issued a catalogue of impeccable technical advice (instantly ignored, of course, by the charmingly impatient novices) and thus project `Do It Yourself’ got under way.
Most of my friends being addicted to mirrors, its amiable reflection featured in many shots. Others bravely confronted the lens without the mirror’s silver-lining.
Some were hesitant. Uncertain of their photographic or photogenic talents, they appealed to me for help. I became their `ghost-photographer’. I loved this role. I followed their instructions to the letter, dealt with the technical side, on occasion improved their mise-en-scène, then wandered off for an aperitif while they finished up the film.
They gave free rein to the prompting of the instant. They did their best and were beautiful and sexy, provocative or romantic, droll or simply themselves in front of that silent, untenanted lens.
Students, secretaries, and sales-women; actresses, singers, stylists and dancers; models, musicians and school-teachers: no matter who, they loved this unmediated encounter with themselves. Some of them found it such a gas they have no intention of stopping. Two of them are already thinking of a career in photography—soft porn, that is. Damn! Rivals!
At all events, my congratulations and thanks to all my friends and models. They threw themselves into the project heart, soul and body. And special thanks to young Luna whose intimate (illustrated) journal follows.
Your servant in matters photographic,
U.O.
" Do it Yourself "
Book to be published in sept. 2007 ( Taschen )
L’histoire d’un «nègre» (photographique et temporaire)
Depuis un certain temps déjà, j’avais le sentiment que les omniprésents appareils numériques et autres téléphones-caméras faisaient de chacun un « vrai » photographe potentiel. Mais c’est l’apparition un soir de printemps de la jeune Luna, aspirante comédienne, baby-sitter par nécessité, très éprise de la photographie en général et d’elle-même en particulier, qui provoqua le déclic.
En rentrant ce soir-là vers minuit, nous trouvâmes le bébé dormant à poings fermés et notre charmante baby-sitter en compagnie du miroir de la salle de bain. Armée de mon polaroid, les escarpins de ma femme comme unique parure, elle se photographiait joyeusement. Elle expliqua sans se troubler qu’elle avait été inspirée par les livres de photographies trouvés sur les étagères, et que notre salle de bain correspondait parfaitement à l’idée qu’elle avait du décor nécessaire pour se mettre en scène…
L’idée d’inviter quelques-unes de mes modèles à se photographier suivant leurs inspirations, libérées de l’œil critique et voyeur du photographe, me séduit immédiatement. J’étais persuadé qu’elles seraient capables de réaliser des photos que je n’aurais jamais osé faire. L’enthousiasme dans le camp des candidates à l’autoportrait fût grand et spontané. Ayant mis à leur disposition quelques appareils numériques et —pour les plus téméraires— argentiques, dispensé de nombreux conseils techniques bien pensés mais peu écoutés par les charmantes mais impatientes créatures, et « Do It Yourself » était lancé.
Le miroir étant le meilleur ami de beaucoup de mes amies, de nombreuses photos furent prises grâce à son aimable reflet, tandis que d’autres affrontèrent courageusement l’objectif sans l’intermédiaire de la glace flatteuse… Certaines, un peu hésitantes, moins sûres de leur talent photographique ou de leur photogénie, m’appelèrent au secours. Je devins leur «nègre » (ghost-photographer) et avoue avoir beaucoup apprécié ce rôle, suivant leurs idées à la lettre, m’occupant du côté technique et améliorant occasionnellement leurs mises en scène avant d’aller boire l’apéritif en attendant la fin du rouleau.
Toutes ont laissé libre cours à leur inspiration du moment. Elles firent de leur mieux pour être belles ou sexy, provocantes ou romantiques, drôles ou simplement elles-mêmes devant cet objectif solitaire et muet. Etudiantes, employées, artistes, vendeuses, comédiennes, chanteuses, stylistes, danseuses, mannequins, musiciennes ou institutrices, toutes ont pris goût à cette confrontation avec elles-mêmes. Certaines y ont pris un tel plaisir qu’elles n’ont guère envie d’arrêter l’expérience, et deux d’entre elles envisagent même une carrière de photographe… de charme ! Tant pis pour moi !
En tout cas, je ne peux que féliciter et remercier toutes mes amies et modèles qui se sont investies corps et âme pour réaliser ces images pleines d’elles-mêmes et tout particulièrement la jeune Luna dont vous trouverez le journal intime et illustré un peu plus loin…
Votre dévoué « nègre-photographe »
U.O.